Les saules : tout savoir pour les cultiver et les utiliser au jardin

Pourquoi planter des saules ?

Le saule est probablement l’arbre le plus polyvalent du jardin. Contrairement aux fruitiers dont l’usage principal est alimentaire, les saules offrent une multitude d’utilisations pratiques et écologiques :

  • Vannerie et tressage : production d’osier pour paniers, bordures, tuteurs…
  • Haies vivantes : croissance rapide, parfait pour structurer un terrain
  • Biomasse : production de bois pour BRF, paillage, fagots, chauffage
  • Trognes : gestion en têtard pour production régulière de bois
  • Stabilisation des berges : système racinaire puissant
  • Hormone de bouturage naturelle : l’eau de trempage des boutures de saule stimule l’enracinement d’autres plantes
  • Clôtures vivantes
  • Ornement : certaines variétés ont des chatons et des rameaux très décoratifs (pourpre, jaune, noir…)
  • Biodiversité : floraison précoce très mellifère, refuge pour la faune

Le saule s’intègre parfaitement dans une logique d’autonomie au jardin.

Les différents types de saules

Il existe une quantité considérable d’espèces de saules, bien plus d’une centaine. Dans chaque espèce on trouve des variétés spécifiques, dont celles que je propose à la vente. De plus, les saules s’hybrident très facilement, ce qui multiplie leur diversité déjà déroutante. Je note ici les principales espèce utilisées :

  • Salix viminalis : C’est l’osier, le fameux saule des vanniers. Mais ce n’est pas le seul saule qu’on utilise pour l’osier, loin de là. Reste généralement inférieur à 6 mètres.
  • Salix purpurea : Le saule pourpre. Très esthétique, il reste de taille buissonnante (1-6 mètres). Sert pour la vannerie, la restauration des berges, etc.
  • Salix fragilis : Ses rameaux sont plus cassants et il peut former un très grand arbre si on le laisse libre.
  • Salix triandra : Le saule à trois étamines. Très utilisé pour la vannerie. Je propose à la vente le superbe ‘Noir de Vilaine‘.

Où planter un saule ?

Dans l’ensemble, les saules adorent l’eau. Ils poussent naturellement au bord des cours d’eau et dans les zones humides. Cependant, ils s’adaptent à des conditions plus sèches une fois bien installés, même si leur croissance sera moins spectaculaire. A noter que l’affinité avec les milieux humides est variables selon les (très nombreuses) espèces.

Conditions idéales :

  • Sol frais à humide, même détrempé une partie de l’année
  • Exposition ensoleillée (certains tolèrent la mi-ombre)
  • Espace suffisant selon la variété (de 1m pour un osier en cépée à 10m+ pour un saule pleureur)

Particularités :

  • Les saules supportent très bien les sols lourds et argileux
  • Leur système racinaire est puissant mais ne provoque pas de rejets
  • Peuvent pousser les pieds dans l’eau
saule pourpre richartii saule des vannniers salix purpurea richartii

Les saules sont-ils résistants ?

Oui, extrêmement ! Les saules sont parmi les arbres les plus robustes :

  • Rusticité au froid : supportent sans problème -20°C et bien au-delà
  • Croissance rapide : un plant peut faire 2-3 mètres en un an dans de bonnes conditions (je l’ai constaté à la pépinière en années humides)
  • Peu de maladies : très résistants naturellement
  • Longévité : un saule peut vivre plusieurs décennies, voire siècles
  • Régénération : un saule coupé repart vigoureusement de souche

Seul petit point de vigilance : Dans les très jeunes plantations, les chevreuils et lapins peuvent grignoter les jeunes pousses tendres. Une fois établis, aucun problème.

Les saules sont des pionniers : ils colonisent naturellement les terrains difficiles et préparent le sol pour d’autres espèces. Ainsi ils font parti des premiers arbres à coloniser les friches (quand l’environnement leur est adapté).

Comment multiplier les saules ?

Le bouturage des saules est très facile, du moins en comparaison des autres arbres que je multiplie à la pépinière. D’ailleurs, dans la nature, cette capacité leur est très utile : en bord de rivière, des branches cassées de saules peuvent s’implanter plus bas en aval par bouture naturelle !

La méthode :

  1. Prélevez une branche de saule de 20cm à 1m de long (selon l’usage)
  2. Plantez-la directement en terre (ou en pot), en enfonçant les 2/3 dans le sol
  3. Arrosez et désherbez
  4. Attendez… c’est tout !

Période idéale : De novembre à mars, quand l’arbre est en dormance. Mais les boutures de saule reprennent quasiment toute l’année, même en feuilles.

Attention : On dit que le saule se bouture sans rien faire, mais ce n’est pas tout à fait vrai. Si on ne surveille pas la bouture, sécheresse et enherbement peuvent la tuer. De plus, certaines espèces de saules sont un peu plus capricieuses à la bouture.

Astuce : Les saules contiennent naturellement de l’auxine (hormone d’enracinement). Vous pouvez faire tremper des boutures de saule dans l’eau pendant quelques jours, puis utiliser cette eau pour aider d’autres boutures plus difficiles à s’enraciner. Je n’ai jamais utilisé cette technique, mais en théorie ça marche.

Avez-vous déjà vu des graines de saules ? Probablement pas. En effet, les saules sont parmi les arbres possédant les plus petites graines. Elles sont à peine visibles à l’œil nu et ne possèdent presque aucune réserve. Ainsi, dans la nature, elles doivent impérativement se déposer dans un endroit favorable et humide pour germer rapidement. Sinon, elles meurent en quelques jours.

Faut-il tailler les saules ?

Ça dépend de l’usage !

Pour les osiers (vannerie, biomasse) :

  • Taille annuelle en cépée : on coupe tous les rameaux à ras chaque hiver (janvier-février)
  • Cette taille stimule la production de nombreuses pousses droites et flexibles
  • On récolte ainsi de l’osier frais chaque année

Pour les haies :

  • Taille de formation les premières années pour densifier
  • Taille d’entretien régulière pour maintenir la forme

Pour les trognes (têtards) :

  • Taille tous les 2-5 ans : on coupe les branches à 2m du sol environ
  • L’arbre développe une tête d’où repartent les nouvelles branches
  • Production régulière de bois tout en gardant un arbre de taille maîtrisée

Pour les arbres d’ornement (saule pleureur, etc.) :

  • Pas de taille obligatoire : laissez l’arbre développer son port naturel
  • Taille d’entretien si besoin : supprimer les branches mortes, aérer le houppier
  • Le saule supporte très bien les tailles drastiques et repart vigoureusement

Important : Le saule est très tolérant à la taille. Il n’y a quasiment pas de risque de le tuer en taillant, même sévèrement. C’est un avantage énorme pour le débutant.

Comment utiliser les saules ?

Les utilisations des saules sont presque infinies :

Vannerie :

  • Paniers, bordures tressées, tuteurs spiralés
  • Récolte en hiver (janvier-février)
  • L’osier vivant peut aussi être tressé : sculptures végétales, tipis pour enfants…

Paillage et BRF :

  • Broyage des rameaux pour couvrir le sol
  • Même non broyées les branches feuillues font un bon paillage
  • Compost riche

Bois de chauffage :

  • Les gros saules produisent du bois utilisable pour se chauffer
  • Moins calorifique que le chêne par exemple, mais pousse beaucoup plus vite

Clôtures et aménagements :

  • Plessis (clôture tressée traditionnelle)
  • Fascines pour stabiliser les berges

Haies et brise-vent :

  • Croissance rapide = protection rapide du jardin

Les saules ont-ils d’autres qualités ?

Floraison précoce et mellifère Les saules sont parmi les premiers arbres à fleurir au printemps (février-mars), souvent avant même d’avoir des feuilles. Leurs chatons fournissent une source de pollen et de nectar non négligeable pour les abeilles et bourdons qui sortent d’hibernation.

Biodiversité

  • Refuge pour de nombreux insectes
  • Les feuilles nourrissent de nombreux papillons et chenilles

Esthétique

  • Port gracieux du saule pleureur
  • Couleurs variées des rameaux en hiver (pourpre, jaune, brun-noir, rouge)
  • Les chatons colorés !